dimanche, décembre 10, 2006

Charles Aznavour - Les enfants de la guerre



Les enfants de la guerre
Ne sont pas des enfants
Ils ont l'âge de pierre
du fer et du sang
Sur les larmes de mères
Ils ont ouvert les yeux
Par des jours sans mystère
Et sur un monde en feu

Les enfants de la guerre
Ne sont pas des enfants
Ils ont connu la terre
A feu et à sang
Ils ont eu des chimères
Pour aiguiser leur dents
Et pris des cimetières
Pour des jardins d'enfants

Ces enfants de l'orage
Et des jours incertains
Qui avaient le visage
Creusé par la faim
Ont vieilli avant l'âge
Et grandi sans secours
Sans toucher l'héritage
Que doit léguer l'amour

Les enfants de la guerre
Ne sont pas des enfants
Ils ont vu la colère
Étouffer leurs chants
Ont appris à se taire
Et à serrer les poings
Quand les voix mensongères
Leur dictaient leur destin

Les enfants de la guerre
Ne sont pas des enfants
Avec leur mine fière
Et leurs yeux trop grand
Ils ont vu la misère
Recouvrir leurs élans
Et des mains étrangères
Égorger leurs printemps

Ces enfants sans enfance
Sans jeunesse et sans joie
Qui tremblaient sans défense
De peine et de froid
Qui défiaient la souffrance
Et taisaient leurs émois
Mais vivaient d'espérance
Sont comme toi et moi

Des amants de misère
De malheureux amants
Aux amours singulières
Aux rêves changeants
Qui cherchent la lumière
Mais la craignent pourtant
Car
Les amants de la guerre
Sont restés des enfants
Encore!

Charles Aznavour - Paris au mois d'août



Balayé par septembre
Notre amour d'un été
Tristement se démembre
Et se meurt au passé
J'avais beau m'y attendre
Mon cœur vide de tout
Ressemble à s'y méprendre
A Paris au mois d'août

De larmes et de rires
Etait fait notre amour
Qui redoutant le pire
Vivait au jour le jour
Chaque rue, chaque pierre
Semblaient n'être qu'à nous
Nous étions seuls sur terre
A Paris au mois d'août

Pour te dire je t'aime
Aussi loin que tu sois
Une part de moi-même
Reste accrochée à toi
Et l'autre solitaire
Recherche de partout
L'aveuglante lumière
De Paris au mois d'août

Dieu fasse que mon rêve
De retrouver un peu
Du mois d'août sur tes lèvres
De Paris dans tes yeux
Prenne forme et relance
Notre amour un peu fou
Pour que tout recommence
A Paris au mois d'août
Encore!

Renaud - Dans mon HLM



Au rez-d'-chaussée, dans mon HLM
Y a une espèce de barbouze
Qui surveille les entrées,
Qui tire sur tout c' qui bouge,
Surtout si c'est bronzé,
Passe ses nuits dans les caves
Avec son Beretta,
Traque les mômes qui chouravent
Le pinard aux bourgeois.
Y s' recrée l'Indochine
Dans sa p'tite vie d' peigne cul.
Sa femme sort pas d' la cuisine,
Sinon y cogne dessus.
Il est tellement givré
Que même dans la Légion
Z'ont fini par le j'ter,
C'est vous dire s'il est con!

Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au premier, dans mon HLM,
Y a l' jeune cadre dynamique,
Costard en alpaga,
C'ui qu'a payé vingt briques
Son deux pièces plus loggia.
Il en a chié vingt ans
Pour en arriver là,
Maintenant il est content
Mais y parle de s' casser.
Toute façon, y peut pas,
Y lui reste à payer
Le lave vaisselle, la télé,
Et la sciure pour ses chats,
Parc' que naturellement
C' bon contribuable centriste,
Il aime pas les enfants,
C'est vous dire s'il est triste!

Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au deuxième, dans mon HLM,
Y a une bande d'allumés
Qui vivent à six ou huit
Dans soixante mètres carrés,
Y a tout l' temps d' la musique.
Des anciens d' soixante-huit,
Y'en a un qu'est chômeur
Y'en a un qu'est instit',
Y'en a une, c'est ma sœur.
Y vivent comme ça, relax
Y a des mat'lats par terre,
Les voisins sont furax;
Y font un boucan d'enfer,
Y payent jamais leur loyer,
Quand les huissiers déboulent
Y écrivent à Libé,
C'est vous dire s'ils sont cools!

Putain, c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au troisième, dans mon HLM;
Y a l'espèce de connasse,
Celle qui bosse dans la pub',
L'hiver à Avoriaz,
Le mois d' juillet au Club.
Comme toutes les décolorées,
Elle a sa Mini-Cooper,
Elle allume tout l' quartier
Quand elle sort son cocker.
Aux manifs de gonzesses,
Elle est au premier rang,
Mais elle veut pas d'enfants
Parc' que ça fait vieillir,
Ça ramollit les fesses
Et pi ça fout des rides,
Elle l'a lu dans l'Express,
C'est vous dire si elle lit!

Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au quatrième, dans mon HLM,
Y a celui qu' les voisins
Appellent " le communiste ",
Même qu'ça lui plaît pas bien,
Y dit qu'il est trotskiste!
J'ai jamais bien pigé
La différence profonde,
Y pourrait m'expliquer
Mais ça prendrait des plombes.
Depuis sa pétition,
Y a trois ans pour l' Chili,
Tout l'immeuble le soupçonne
A chaque nouveau graffiti,
N'empêche que " Mort aux cons "
Dans la cage d'escalier,
C'est moi qui l'ai marqué,
C'est vous dire si j'ai raison!

Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Pi y a aussi, dans mon HLM,
Un nouveau romantique,
Un ancien combattant,
Un loubard, et un flic
Qui s' balade en survêtement
Y fait chaque jour son jogging
Avec son berger all'mand,
De la cave au parking,
C'est vachement enrichissant.
Quand j'en ai marre d' ces braves gens
J' fais un saut au huitième
Pour construire un moment
'vec ma copine Germaine,
Un monde rempli d'enfants.
Et quand l' jour se lève
On s' quitte en y croyant,
C'est vous dire si on rêve!

Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
Encore!

Anaïs – Mon cœur, mon amour



Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur {x2}

Ca dégouline d'amour,
C'est beau mais c'est insupportable.
C'est un pudding bien lourd
De mots doux à chaque phrases :

"Elle est bonne ta quiche, amour"
"Mon coeur, passe moi la salade"
Et ça se fait des mamours,
Se donne la becquée à table.

Ce mélange de sentiments
Aromatisé aux fines herbes
Me fait sourire gentiment
Et finalement me donne la gerbe !

Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule !
Je déteste les couples, je les hais tout court !
Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur {x2}

C'est un épais coulis
Ca me laisse le cul par terre
Autant de mièvrerie
Nappée de crème pâtissière

"Coucou qu'est ce que tu fais mon coeur ?"
"La même chose qu'y a une demie heure... "
"J' t'ai appelé y a cinq minutes mon ange mais ça répondait pas...
Alors j' t'ai rappelé... pour la douzième fois de la journée...
En niquant tout mon forfait...
Mais qu'est ce que tu fais mon adoré ?
Ouais je sais on se voit après...
Non c'est toi qui raccroches... Non c'est toi...
Non c'est toi qui raccroches... Non c'est toi...
Non c'est toi... C'est toi ... Bon d'accord je te rappelle... "

Je hais les couples qui se rappellent quand je suis seule !
Je déteste les couples, je les hais tout court !
Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur {x2}
Encore!

Najoua Belyzel - Comme toi



Non je ne suis pas
Comme... comme... comme toi !
Mais pas cette fois
Comme... comme... comme toi !

Cracher des mots d'Amour
Sur celui que l'on aime.
Verser dans son discours
Un parfum de haine...

Jouer des mauvais tours,
Se prendre pour la reine,
Chercher à rendre fou,
Quand on perd haleine!

Tout contre toi pour exister,
Je m'imprégnais non sans regrets
De tout ce mal que tu m'as fait...

Mais je ne suis pas
Comme... comme... comme toi !
Mais pas cette fois
Comme... comme... comme toi !

J'effacerai pour toujours
Ton âme de la mienne.
Et quand naîtra ce jour
Je ne serai plus la même!

Tout contre toi j'irai briser,
Les miroirs où se reflété
Ton regard qui me poursuivais

Mais je ne suis pas
Comme... comme... comme toi !
Mais pas cette fois
Comme... comme... comme toi !

Cracher des mots d'Amour
Sur celui que l'on aime.
Chercher à rendre fou
Quand on perd haleine...
Qu'importe que revienne,
Ces pensées qui m'aliène...
Je saignerai me veines pour soigner mes peines !
Encore!

Perle Lama - Emmene-moi avec toi



Emmène moi (emmène moi)
Emmène moi (emmène moi)
Ohhohhh emmène moi

Je pourrais rester là des heures
Te regarder t'apprendre par coeur
Je pourrais rester là des heures
Dévorer chaque instants de bonheur
Je garde ton sourir dans chacun de mes souvenirs
Ces mots que tu sais dire enivre mon corps de désir

Je pourrais rester là des heures
Te regarder te savoir par coeur
Je voudrais partager ces heures
Tout près de toi et nul par ailleurs
Je garde en souvenir ces moments qui me font frémir
Je veux t'appartenir 10 fois 100 fois je veux te dire

{Refrain:}
Emmène moi avec toi, baby garde moi près de toi
Emmène moi avec toi, là-bas
Emmène moi avec toi, baby garde moi près de toi
Emmène moi avec toi, là-bas

Je pourrais rester là des heures
Dans tes bras ressentir ta chaleur
Penser à toi pendant des heures
Dévorer toutes ces nuits de douceur
Et même s'il faut s'en fuir au bout du monde je veux te suivre
Faire de toi comme une île mon paradis et mon exil

{au Refrain}

Je pourrais rester là des heures
Près de toi plus rien ne me fais peur
Je pourrais rester là des heures
Près de toi et nul par ailleurs

(au Refrain)
Encore!

Soprano - Moi j'ai pas



Moi j'ai pas la culture d'AKH
Ni la plume de Oxmo
Ni la culture du double H
Moi j'ai pas la créatine de fifty
Ni la femme de Jay-Z
Moi j'ai pas les dents en or de Joey
Ni le round de Kool Shen
Ni le mpc de dr dre
Moi j'ai pas la lipo de Missy
Moi j'ai pas les bleus de mélanie
Moi j'ai pas eu les menottes à Sinik
Moi j'ai pas le côté hardcore du Tandématik
Moi j'ai pas la véracité de Kerry
Ni la barbe de médine
Moi j'ai ...............
Moi j'ai pas .............
Ni l'enfance de Corneille
Ni la parkinson de Mohamed Ali
Moi j'ai pas le couturier d'andré 3000
Ni la mère d'éminem
Mais j'ai eu la même vie
Moi j'ai pas le côté Dutrou de R kelly
Ni celui de Tragédie
Moi j'ai pas le côté du style de Matt Pokora
Ni la sincérité de mon pote ...
Moi j'ai pas la miche de snoop ou DMX
Ni le charisme de Massoud ou de Malcom X
Moi j'ai pas la voix d'un Notorious rappeur
Moi j'suis pas né en taule d'une mère black blanc beur
Moi j'ai pas la folie d'un busta, la sensibilité d'une wallen ou de kayna
Moi j'ai pas ces défauts, ces qualités là
Moi j'suis juste moi Sopran'baba

{Refrain:}
Oooooooohohohohoh
Moi j'ai pas ta femme tes gosses tes frères tes sœurs
Moi j'sui juste moi Sopran'baba
Oooooooohohohohoh
Toi t'as pas ma caille mes potes Mes problème mon vécu
Toi t'es pas moi Sopran'baba

Moi j'ai pas le même islam que Ben Laden
Moi j'ai pas le même fusil que Kurt Cobain
Moi j'ai pas les claudettes de Claude François
Moi j'ai pas toutes les années de prison de Mandela
Moi j'ai pas la double carrière de Yannick Noah
Ni les narines en or de Marradonna
Moi j'ai pas les deux médailles d'or de Doukouré
Moi j'ai pas l'acharnement qu'a connu Dieudonné
Moi j'ai pas connu la haine de Hitler
Moi j'ai pas mis des bombes chez Tony Blair
Moi j'ai pas le potentiel d'un Padawan
Ni la dalle d'un éthiopien face au salaire de Beckham
Moi j'ai pas la tête de con de fogiel
Moi j'ai pas du sang sur les mains comme Ariel
Moi j'ai pas le texte magnifique de Zazie
Ni l'obession présidentielle de Sarkozy
Moi j'ai pas le badge de dechavanne
Les fans de Jamel
Ni le pied gauche de Zidane
Moi j'ai rien de ce genre
J'ai rien d'un caid
Moi j'suis juste Said

{Refrain: x2}
Oooooooohohohohoh
Moi j'ai pas ta femme tes gosses tes frères tes sœurs
Moi j'suis juste moi Sopran'baba
Oooooooohohohohoh
Toi t'as pas ma caille mes potes mes problèmes mon vécu
Toi t'es pas moi Sopran'baba

Yeah
Demande pas d'être quelqu'un d'autre
Yeah
c'est sur hostile 2006
Encore!

Laurent Voulzy - Derniers baisers



Quand vient la fin de l'été sur la plage
Il faut alors se quitter peut-être pour toujours
Oublier cette plage et nos baisers
Quand vient la fin de l'été sur la plage
L'amour va se terminer comme il a commencé
Doucement sur la plage par un baiser

Le soleil est plus pale mais nos deux corps sont bronzés
Crois-tu qu'après un long hiver notre amour aura changé ?
Quand vient la fin de l'été sur la plage
Il faut alors se quitter les vacances ont duré
Lorsque vient septembre et nos baisers

Quand vient la fin de l'été sur la plage
Il faut alors se quitter peut-être pour toujours
Oublier cette plage et nos baisers, et nos baisers
Et nos baisers !
Encore!

Dorothée – Avec l’ami Bidasse



Quand j'suis parti avec ma classe
pour venir ici faire mes trois ans
Le cousin m'a dit : Ya l'fils Bidasse
Qui va dans le même régiment,
Tu devrais faire sa connaissance.
J'ai fait ce que m'a dit le cousin
Et depuis que je sers la France
Bidasse est mon meilleur copain.
Quand on n'a pas eu de punition,
On a chacun sa permission

Avec l'ami Bidasse
On ne se quitte jamais,
Attendu qu'on est
Tous deux natifs d'Arras-se,
Chef-lieu du Pas de Calais
On a chacun la sienne
Et les bras ballants
Devant les monuments
Oh ! Dans les rues on se promène
Ça nous fait passer le temps

Le dimanche matin y a des bobonnes
Qu'elles s'en vont faire leur marché
Nous, on en connaît deux "megnonnes"
Et on va les regarder passer
Pendant qu'elles sont chez la fruitière
De sur l'autre trottoir nous les regardons
Puis de loin sans en avoir l'air-e
On les suit jusqu'à leur maison
Elles se méfient pas, elles n'y voient rien
Ça fait comme ça... on s'amuse bien

Avec l'ami Bidasse
On ne se quitte jamais,
Attendu qu'on est
Tous deux natifs d'Arras-se,
Chef-lieu du Pas de Calais
On a chacun la sienne
Et quand elles sont dans
Leur appartement
On regarde les persiennes
Ça nous fait passer le temps

On va souvent voir les gorilles
Au Jardin des Plantes, c'est curieux
Devant la cage à la "cocodrille'
On va passer une heure ou deux
Devant les singes qui font la grimace
Pour sûr on a des bons moments
Jusqu'à ce que le gardien passe
Qui crie : On ferme ! ... Allez-vous en...
Et comme on peut pas rester là
On dit... "Tu viens ? ..." et on s'en va...

Avec l'ami Bidasse
On ne se quitte jamais,
Attendu qu'on est
Tous deux natifs d'Arras-se,
Chef-lieu du Pas de Calais
Et plus tard dans la vie
On dira souvent :
parlé : "Vrai... au régiment, t'en souviens-tu, Bidasse ?
On a fait des orgies... On a bien passé le temps!"
Encore!

samedi, décembre 09, 2006

Initiation au commentaire composé


Comment enseigner la technique du commentaire composé? Cette technique de rédaction est souvent mal maîtrisé, voire ignorée. Nous allons nous mettre en situation de réaliser un commentaire composé et d’analyser quelles sont les difficultés rencontrées.

1. Définition
2. Les notions de base
3. Que faire devant le texte
4. Comment organiser?
5. Comment rédiger l’introduction?
6. Etude du poème de V. Hugo extrait d’Océan
7. Comment rédiger la conclusion?

1. Définition
Ce que le commentaire n’est pas:
- une discussion sur une idée du texte;
- un exercice de paraphrase;
- un cours d’histoire littéraire;
- un résumé.

Le commentaire porte sur des textes qui expriment un sens à travers un travail sur la langue et destiné à produire un effet sur le lecteur. Le développement doit concerner ce travail de la transmission du sens à travers la production d’effets stylistiques qui rendent un texte singulier. L’élève est invité à exprimer ses goûts, son avis, son point de vue personnel.

« Le commentaire composé est un développement construit et entièrement rédigé portant sur un texte littéraire et montrant comment la combinaison des différents procédés littéraires mis en œuvre contribue à produire un effet donné sur le lecteur ».

- Construit
Le problème majeur des étudiants et des élèves est de suivre pas à pas le texte, mot à mot. Comment faire prendre conscience aux jeunes qu’il ne s’agit pas d’une explication linéraire d’un texte littéraire? Il faut insister sur:
La nécessité d’un schéma d’ensemble: Introduction, corps du devoir, conclusion.
Le plan: organisation des matériaux à l’intérieur du corps du devoir. Il n’y a pas de plan type. Vos réflexions doivent être regroupées autour de quelques centres d’intérêts.

- Rédigé
Il doit être entièrement rédigés. Les parties doivent être suffisamment claires pour qu’on ait pas besoin de mettre de titres. Les parties doivent s’enchaîner. Le candidat peut étayer sa démonstration en citant des extraits mis entre parenthèses, mais de sorte que le fil du discours ne soit pas rompu.

- Défauts et qualités
Le pire: texte amené d’une façon artificielle, pas compris. Commentaire non compris, bavardage au fil du texte, citations non justifiées, paragraphes hors sujet.

Le meilleur: Commentaire bien construit, introduction suggère le plan sasns s’appesantir, observations judicieuses, regroupées dans des parties nettes enchaînées avec soin. Réflexion soutenue par des références au texte bien choisies, références littéraires adaptées.

- Différents types de situation
a) Textes autonomes ou extraits: textes autonomes sont le plus souvent des poèmes, des lettres ou des fables. Ils ont leur unité, peuvent être strictement étudiés en eux-mêmes. Pour les poèmes, vous pouvez en situer la place dans le recueil. Les textes autonomes constituent la situation la plus simple pour le commentateur, il lui suffit d’expliciter la richesse du texte.
Les extraits sont plus complexes à étudier. Extraire 20 ou 30 lignes d’un roman est un exercice assez artificiel. S’il s’agit d’extraits d’œuvres célèbres, le correcteur risque d’être déçu s’il n’y a aucune mise en rapport avec l’ensemble.

b) Références culturelles
En présence d’un texte, vous pouvez:
Ne rien savoir de l’auteur. Il faudra simplement s’en tenir au texte.
Connaître l’auteur et il s’inscrit dès lors pour vous dans un courant littéraire.

A éviter: commentaire linéraire, avec une partie sur la forme et sur le fond.

2. Les notions de base
Un texte est un réseau d’idées et de figures de style qui convergent vers la production d’un effet sur le lecteur. Il ne faut jamais évoquer un procédé de style sans tenter de préciser de l’effet qu’il produit. Revoir fonction utilitaire et poétique du langage, les effets sonores, de rythme, de ressemblance (comparaison, métaphore), d’insistance, d’atténuation (la litote, l’euphémisme)…

3. Que faire devant le texte?
Le commentaire composé se fonde sur les impressions ressenties à la lecture. Il comprend donc des éléments subjectifs qu’il faudra présenter comme une démonstration.

- Lecture innocente
Laissez-vous imprégner par le texte. Numérotez les lignes. Notez les impressions, les idées qui vous viennent à l’esprit.

- Questionnement du texte:

a) A quel genre littéraire appartient le texte?
Il faut situer l’analyse dans un sous-ensemble. Poésie lyrique, satirique…

b) De quoi est-il question? Quel est le thème?
A quoi se ramènerait le texte si on le réduisait à un texte d’idées.

c) Quelle est la composante principale?
Action, conversation, description, réflexion, sentiment, rêve.

d) Quel est le procédé dominant?
- Action: scène de guerre, d’aventure, de la vie quotidienne. Cette présentation peut être générale ou minutieuse. Les événéments peuvent se succéder à un rythme lent ou sacadé.
- Conversation: dialogue direct, rapporté au style indirect.
- Descriptif: l’auteur choisit de faire un ou plusieurs tableaux dans lesquels domineront les éléments de décor, d’attitude…
- Réflexion: le ton peut être plus ou moins personnel. Il pourra s’agir d’un monologue intérieur.
- Rêverie: poésie lyrique notamment. L’imagination trouve des correspondances à l’intérieur de la réalité par l’emploi de métaphores.

e) Quelle progression se réalise dans le texte?
Un texte n’est pas écrit en vain. L’action est toujours tributaire de l’évolution psychologique des personnages.

f) L’auteur se manifeste-t-il dans le texte? Comment?
L’auteur peut éviter de manifester sa présence comme Flaubert, présent partout, visible nulle part. Il peut, comme Stendhal, faire des intrusions ou même apostropher le lecteur comme Diderot.
Il peut être intéressant de situer le narrateur dans le temps par rapport au moment où les événements se déroulent.

g) Quelle est l’intention de l’auteur?
Il cherche à produire un effet sur le lecteur, à travers l’emploi de procédés d’écriture. Si le procédé dominant est de décrire une succession d’actions vivement enchaînées, on peut en conclure que l’auteur avait l’intention de peindre une scène vivante.

4. Comment organiser?
Votre première approche du texte vous a apporté des impressions. Il va falloir désormais confronter ces trouvailles avec le texte et organiser l’ensemble des matériaux en centres d’intérêt. Ces opérations correspondent à l’examen détaillé du texte et l’établissement du plan. C’est à ce moment que devra être rédigée l’introduction.

a) Examen détaillé du texte;
b) Etablissement des grandes lignes du plan;
c) Rédaction de l’introduction.

a) Examen détaillé du texte:
A pour but de confronter les premières impressions et les découvertes avec le texte. Ce travail de vérification permettra un repérage-regroupement des matériaux. Vous avez pu négliger une partie du texte, faire une lecture erronée. Si vous avez repéré qu’il s’agit d’une description, vous pouvez noter les sensations (auditives, visuelles, olfactives…).

b) Etablissement des grandes lignes du plan:
On vous recommande de ne pas rédiger avant d’avoir posé les lignes du plan. Il n’existe pas de plans types, passe-partout. Chaque texte, par sa singularité, appelle un plan original.

Tableau récapitulatif des opérations à mener devant le texte
1. Lecture innocente. Premières impressions
2. Questionnement du texte: a. Genre, b. Thème, c. Composante, d. Procédé, e. Progression, f. Auteur, g. Intention
3. Examen détaillé du texte: vérification, repérage-regroupement
4. Grandes lignes du texte
5. Rédaction de l’introduction: a. Thème, b. Procédé, c. Intention
6. Rédaction du commentaire.

5. Comment rediger l’introduction?
Les introductions sont très souvent mauvaises.
A éviter: « V. Hugo est un grand poète romantique du XIXe siècle qui s’est toujours intéréssé à la jeunesse et c’est ce qu’il fait aussi dans ce poème.
Nous étudierons tout d’abord, dans une première partie, la façon dont il affirme sa position, puis nous verrons dans une seconde partie comment il peint d’une façon contrastée les jeunes et les vieux. Enfin, dans une troisième partie, nous verrons comment est construit le poème ».

Défauts de l’introduction:
- Il fallait indiquer le nom du recueil.
- La première phrase est passe-partout. Il faut tenir compte de la spécificité du texte.
- Les parties sont annoncées avec lourdeur. Elle doit indiquer les orientations qui seront suivies dans le développement sans le déflorer.

a) L’introduction situant le texte dans l’œuvre
Elle consiste à situer un poème dans un recueil ou, pour un extrait de théâtre ou de roman, à résumer brièvement ce qui précède. Le résumé ne doit contenir que les éléments utiles à la compréhension du texte.
Ce type d’introduction n’est possible que lorsque l’œuvre d’où est tiré le texte est au programme. Elle n’est possible que lorsque vous connaissez parfaitement l’œuvre.

b) L’introduction situant le texte dans un contexte
Elle consiste à partir d’une idée générale pour en venir au problème concerné.

« O jeunes gens! Elus! Fleurs du monde vivant,
Maîtres du mois d’avril et du soleil levant,
N’écoutez pas ces gens qui disent: soyez sages!
La sagesse est de fuir tous ces mornes visages.
Soyes jeunes, gais, vifs, amoureux, soyez fous!
O doux amis, vivez, aimez! Défiez-vous
De tous ces conseillers douceâtres et sinistres.
Vous avez l’air joeux, ce qui déplaît aux cuistres.
Des cheveux en forêt, noirs, profonds, abondants,
Le teint frais, le pied sûr, l’œil clair, toutes vos dents;
Eux, ridés, épuisés, flétris, édentés, chauves,
Hideux; l’envie en deuil clignote en leurs yeux fauves.
Oh! comme je les hais, ces solennels grigous.
Ils composent, avec leur fiel et leurs dégoûts,
Une sagesse pleine et d’ennui et de jeûnes,
Et, faite pour les vieux, osent l’offrir aux jeunes! »
(Victor Hugo, Océan)

« Victor Hugo est, pour beaucoup de gens aujourd’hui, le vieillard à la barbe fleurie qui écrivit L’Art d’être grand-père, un ouvrage où les rapports entre générations sont empreints de sympathie. De ce fait, un grand nombre de ses lecteurs éprouveraient une certaine surprise devant de poème – resté il est vrai dans ses tiroirs et recueilli après sa mort dans Océan – où les vieux sont violemment pris à partie.

Mais à y regarder de près, on se retrouve quand même en pays connu. Le caractère partial et injuste du point de vue tient aux lois du genre polémique qu’affectionne Hugo. Et, dans ce petit texte, comme nous le verrons, se retrouvent les principales composantes de l’art hugolien, c’est-à-dire une forte implication de l’auteur dans son propos, une prédisposition pour l’antithèse et une orchestration savante des différents éléments ».

Cette forme d’introduction correspond à un mode d’exposition naturel, car nous abordons un problème devant un auditoire, nous le situons dans un contexte plus large. La méconnaisance des élèves du contexte les amène à écrire des banalités.

Une autre solution existe:
c) L’introduction thème-procédé-intention

Elle n’exige pas de connaissances extérieures. Elle comporte trois phases:
1. De quoi est-il question dans le texte? Quel en est le thème?
2. Quel est le procédé dominant?
3. Quelle est l’intention de l’auteur?
Il faut demander aux élèves de répondre à ces questions par une seule phrase: cela évite le délayage.

Thème:
Extrait d’Océan, ce poème en alexandrins de V. Hugo oppose avec force la vie généreuse et folle de la jeunesse et l’existence tarie et envieuse des vieillards dont la perfide sagesse cherche à exercer sur elle un ultime pouvoir.

Procédé:
La force de l’opposition se traduit par le caractère presque caricatural de l’antithèse entre jeunes et vieux autour de laquelle tout le poème est bâti, et par l’extrême vivacité de l’apostrophe aux jeunes qui constitue une invitation à resister aux conseils hypocrites des vieillards.

Intention:
Cette volonté de tenir la jeunesse à l’abri des conseils hypocrites gouverne le ton véhément et presque révolté de ce poème où l’auteur a voulu, par une implication personnelle marquée et l’opposition partiale de deux univers, convaincre le lecteur que la sagesse est du côté de la vie.

6. Comment rédiger la conclusion?
A éviter:
- la conclusion bâclée, banale, comme simple récapitulation;
- le jugement sur l’auteur.
D’où la nécessité de placer les élèves dans les conditions réelles de l’examen, de faire des épreuves en temps limité.

Fonction de la conclusion:
La conclusion est particulièrement importante parce qu’elle donne la dernière impression sur le devoir. Elle montre qu’on ne sait pas interroger en vain et elle apporte des réponses aux questions soulevées dans le développement. Il s’agit de s’interroger sur l’adéquation des moyens mis en œuvre par l’auteur et l’effet obtenu.

Construction de la conclusion:
Avant de rédiger la conclusion, relisez le développement. Vous avez montré, dans le corps du devoir, comment certains effets étaient produits dans le texte et avec quels moyens littéraires. Il faut s’interroger sur le succès de l’auteur dans les choix littéraires qu’il a fait. Mais la conclusion ne doit pas être abrupte. Elle doit d’abord synthétiser la réflexion, résumer les acquis du développement avant d’établir un jugement sur la réussite de l’auteur et de procéder à un élargissement. Ce dernier consiste à ouvrir de nouvelles pistes de réflexion.

La conclusion fermée est:
1. Récapitulation.
2. Jugement sur la réussite de l’auteur.
Elle verrouille la réflexion.

La conclusion ouverte est:
1. Récapitulation.
2. Jugement sur la réussite de l’auteur.
3. Elargissement.
La pensée donne le sentiment d’être en éveil et de ne pas se satisfaire du problème résolu.
Encore!