samedi, juillet 07, 2007

Le présent de l’indicatif

a) Valeur générale

Le présent est le temps de ce qui n’est ni futur, ni passé, c’est-à-dire qu’il convient à la fois pour les faits qui se passent au moment de la parole et pour les faits intemporels (le présent gnomique).

b) Emplois particuliers

1. Certains faits du passé récent ou du futur proche peuvent être présentés comme faisant partie du présent. Le verbe est alors généralement accompagné d’un complément du temps:
Votre père? Je le quitte à l’instant.
J’arrive dans cinq minutes.

On peut mettre aussi au présent des faits futurs présentés comme une conséquence inévitable d’un autre fait, comme déjà réalisés en quelque sorte:
« Eh bien! prends Narbonne, et je t’en fais bailli. » (Hugo)
« Deux mots de plus, duègne, vous êtes morte! » (Hugo)

Sans doute on peut concevoir un fait localisé rigoureusement dans l’instant actuel, mais comme cette instant tombe dans le passé au moment même où l’esprit entre en contact avec lui, et que les actions réelles s’étendent plus ou moins en deçà et au-delà de cet instant actuel, on considère pratiquement le moment présent comme s’il avait une certaine étendue.

2. Dans un récit, on peut employer le présent historique (ou narratif), qui donne l’impression que le fait, quoique passé, se produit au moment où l’on parle.

Le présent historique peut se trouver associé à un temps passé, soit que l’on passe de celui-ci (le passé simple, par exemple) à celui-là pour donner au récit une vivacité particulière, - soit que le présent exprime les faits essentiels et le passé les faits accessoires, les explications.

3. Après si conditionnel, on emploie obligatoirement le présent pour un fait futur (le verbe principal étant, lui, au futur):
Si vous partez demain, je vous suivrai.

Remarques
a. On trouve le présent figé dans un bon nombre d’expressions, telles que: est-ce que, qui est-ce qui, qu’est-ce qui, si ce n’est, si tant est que, c’est... que, on ne peut plus, on ne peut mieux, comme il faut, toujours est-il, n’importe, etc.

b. Le présent peut se trouver dans une proposition dépendant d’un verbe au passé quand il s’agit d’un fait qui dure encore au moment de la parole (et notamment d’un fait vrai dans tous les temps). Ce n’est qu’une application de la valeur générale.

c. On rencontre parfois chez les poètes le présent dans des propositions relatives dépendant d’une principale au passé, alors que les faits sont simultanés:
« Je voulais retenir l’âme qui s’évapore. » (Lamartine)
« La Déroute apparut au soldat qui s’émeut. » (Hugo)

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