lundi, septembre 25, 2006

Michel Tremblay, Les Belles-Sœurs (notes de lecture)





Publié chez Leméac, Québec, 1972.

Lecture de la pièce au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, en 1968. La pièce est créée le 28 août 1968 par le Théâtre du Rideau-Vert de Montreal.

Personnages

- Linda Lauzon, fille de Germaine;
- Germaine Lauzon, mère de Linda;
- Marie-Ange Brouillette;
- Rose Ouimet, sœur de Germaine;
- Lisette de Courval;
- Des-Neiges Verrette;
- Gabrielle Jodoin;
- Olivine Dubuc (dans une chaise roulante);
- Thérèse Dubuc;

Germaine gagne un million en timbres-primes. Elle invite ses sœurs et sa belle-sœur pour faire “un party de collage de timbres” (p. 16).

Marie-Ange Brouillette: “Ma vie est plate!” (p. 22)

Les cinq femmes: “J’me lève, pis j’prépare le déjeuner! Des toasts, du café, du bacon, des œufs. J’ai d’la misère que l’yable a réveiller mon monde. Les enfants partent pour l’école, mon mari s’en va travailler. […] Là, là, j’travaille comme une enragée, jusqu’à midi. J’lave. Les robes, les jupes, les bas, les chandails, les pantalons, les canneçons, les brassières, tout y passe! Pis frotte, pis tord, pis refrotte, pis rince… C’t’écœurant, j’ai les mains rouges, j’t’écœurée. J’sacre. A midi, les enfants reviennent. Ça mange comme des cochons, ça revire la maison à l’envers, pis ça repart! L’après-midi, j’étends. Ça, c’est mortel! J’hais ça comme une bonne! Après, j’prépare le souper. Le monde reviennent, y’ont l’air bête, on se chicane! Pis le soir, on regarde la télévision! Mardi!” (p. 23)

Résumé: “J’travaille, j’travaille, j’travaille.” (p. 24)

Refrain: “Pis le soir, on regarde la télévision!” (p. 24)

Gabrielle Jodoin: “Jaser, jaser, c’est beau…” (p. 26)

Sur les Îles Canaries: “C’est un ben… bien beau pays. Les femmes portent seulement que des jupes.” Réplique de Rose Ouimet: “Le vrai pays pour mon mari!” (p. 27)

Lisette de Courval: “D’ailleurs, en Urope, le monde se lavent pas!” (p. 27)

Tout un bavardage…

Autre refrain, émis par Yvette Longpré: “Pis, avez-vous déjà gagné quequ’chose, toujours?” (p. 44)

Thérèse Dubuc flanque un coup de poing sur la tête de sa belle-mère: “Ben non, ben non, est habituée. Pis c’est le seul moyen d’la tranquilliser. C’est mon mari qui a découvert ça! On dirait que quand on y donne un bon coup de poing sur la tête, ça la paralyse pour quequ’menutes… A reste dans son coin pis on est tranquille…” (p. 45)

Blague cochonne: “C’t’ait une religieuse qui s’était fait violer dans une ruelle… […] Ça fait que le lendemain, on la retrouve dans le fond d’une cour, tout éfouerrée, la robe r’montée par-dessus la tête… A gémissait sans bon sens, vous comprenez… Ça fait qu’y’a un journaliste qui s’approche pis qui y demande: «Pourriez-vous, ma sœur, nous donner quelques impressions sur la chose horrible qui vient de vous arriver?» Ça fait que la sœur ouvre les yeux pis murmure: «Encore! Encore!»” (p. 50)

Lisette de Courval: “On se croirait dans une basse-cour! Léopold m’avait dit de ne pas venir ici, aussi! Ces gens-là sont pus de notre monde! Je regrette assez d’être venue! Quand on a connu la vie de transatlantique pis qu’on se retrouve ici, ce n’est pas des farces! J’me revois, là, étendue sur une chaise longue, un bon livre de Magali sur les genoux… Pis le lieutenant qui me faisait de l’œil… Mon mari disait que non, mais y’avait pas tout vu! Une bien belle pièce d’homme! J’aurais peut-être dû l’encourager un peu plus… Puis l’Urope! Le monde sont donc bien élevé par là! Sont bien plus polis qu’ici! On en rencontre pas des Germaine Lauzon, par là! Y’a juste du grand monde! A Paris, tout le monde perle bien, c’est du vrai français partout… C’est pas comme icitte… J’les méprise toutes! Je ne remettrai jamais les pieds ici! Léopold avait raison, c’monde-là, c’est du monde cheap, y faut pas les fréquenter, y faut même pas en parler, y faut les cacher! Y savent pas vivre! Nous autres on est sortis de là, pis on devrait pus jamais revenir! Mon Dieu que j’ai donc honte d’eux-autres!” (p. 59)

Les personnages de Michel Tremblay sont mesquins, ignares, matérialistes, grincheux, méchants, bavardeurs, bornés. Leur monde est écœrant. Il n’y a pas d’espoir, soif celui de voir leur « qualités » monstrueuses pousser vers le superlatif absolu.

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