mercredi, juillet 09, 2008

L’école à la petite semaine

Depuis la rentrée 1994, 16% des écoliers français étudient au rythme de la « semaine de quatre jours ». Cette formule, censée mieux correspondre à la capacité d’attention des étudiants, est loin de faire l’unanimité.

16% des écoliers français ont fait leur rentrée plusieurs jours avant les autres. Tous appartiennent à des écoles qui ont adopté ce système à la mode, « la semaine des trois dimanches ». Une expression sans doute plus jolie que « la semaine des quatre jours », plus apte en tous cas à faire passer la pilule. Car le débat sur les rythmes scolaires continue de faire des remous. [...]

Dans le camp favorable à « la semaine de trois dimanches », beaucoup de parents, désireux de profiter d’un vrai week-end avec leurs enfants, et des enseignants. Un argument pour eux: l’enquête menée par l’association « L’école pour demain » auprès de 10 000 enfants. Elle révèle que l’attention des élèves est meilleure le lundi et le jeudi et qu’en outre elle est meilleure après une coupure de 48 heures le week-end, plutôt que de 36 heures. Ces conclusions vont à l’encontre des travaux des chronobiologistes [1] qui ont démontré depuis des années que le lundi était un mauvais jour pour les écoliers. En revanche, on n’a pas encore étudié les incidences selon les différentes catégories socioprofessionnelles. Or ces résultats pourraient se révéler intéressants. Car les adversaires de la semaine des quatre jours dénoncent le risque d’augmentation des inégalités sociales.

Que feront-ils donc de tout ce temps libre les élèves des écoles de banlieue où la rue et la télé leur tient déjà lieu d’occupations principales le mercredi [2]? C’est la question qu’on se pose. Mais on estime qu’ « il ne peut y avoir de modèle unique. Dans certains quartiers défavorisés, il faut que les collectivités locales et les associations prennent le relais de l’école. Sinon la suppression d’un jour d’école accentuera encore les clivages [3] ».

Autre argument des adversaires de la semaine des quatre jours, une enquête de la direction de l’évaluation et de la prospection du ministère de l’Education nationale qui montre une chute significative de l’enseignement des matières d’éveil au profit du français et des mathématiques. Résultat: si les élèves peuvent avoir de meilleurs résultats dans ces disciplines, c’est aux dépens [4] du reste. Pire que tout selon eux, la semaine des quatre jours ne s’attaque pas au vrai problème, celui des journées d’étude trop longues. Etre attentif du matin au soir est pour les étudiants, peu importe l’âge, une gageure [5] impossible à tenir et, sur ce point, toutes les études se rejoignent. Des journées moins lourdes entraîneraient moins de fatigue, donc moins de temps de récupération, donc une moindre nécessité de vacances. Mais voilà, elle supposerait que le programme des parents soit aussi modifié, pour qu’ils ne comptent plus sur les seuls week-ends « pour enfin profiter de leurs enfants. »

(d’après N. de S., Libération)

Notes:

[1] chronobiologistes: spécialistes des rythmes biologiques;

[2] mercredi: demi-journée libre (sans cours), traditionnellement;

[3] accentuer les clivages: accentuer les inégaliés;

[4] aux dépens de: au détriment de;

[5] une gageure: un pari à tenir, un défi à relever.

Voir toutes les lectures didactiques.

Magasinez dans la Boutique du Pro-F
Encore!

La vie au lycée

Un établissement scolaire est un milieu conçu et organisé par les adultes pour transmettre à leurs successeurs leurs connaissances qu’ils estiment indispensables. Mais, pour les jeunes qui le fréquentent, c’est aussi tout autre chose: c’est un lieu de vie et de rencontres. C’est l’endroit où se passe le plus clair de leur temps. Or, la vie d’un jeune ne se réduit pas à l’acte d’apprendre. Il y a tant de choses à découvrir – ou à craindre – à cet âge... Or, cette dimension – essentielle – de la vie des adolescents n’est nullement prise en compte par le lycée. [...]

Une étude récente montre que, parvenus en troisième, les élèves ont une très forte réaction de rejet à l’égard de l’établissement: ils ne s’y sentent plus bien, en critiquent la discipline, estiment qu’il n’y a pas assez d’activités extrascolaires et qu’on ne tient pas assez compte de leur avis. A l’inverse, de la sixième à la troisième, ils estiment que l’entente entre les élèves s’est améliorée et que la solidarité a progressé.

Ainsi, du point de vue des élèves, ce qui est positif dans ce bilan de quatre années, c’est l’expérience de relations nouvelles entre camarades, beaucoup plus que les rapports avec les institutions (que ce soit le lycée ou les professeurs). Alors que le milieu éducatif où ils sont immergés est exclusivement mobilisé pour la formation intellectuelle, ce qui, pour eux, a compté, c’est l’apprentissage de la vie en commun, l’expérience collective. Curieux décalage entre les ambitions des uns et les désirs des autres, entre la théorie et la réalité. Il est certes légitime qu’une institution éducative ait pour premier objet de former les esprits et de transmettre un savoir. Mais peut-elle espérer atteindre son but si elle ignore à ce point les aspirations profondes des élèves? Poser ces questions est plus aisé que d’y répondre. Les échecs des tentatives diverses, faites ces dernières années, montrent qu’il ne suffit pas de créer un « foyer » ou de multiplier les délégués et les conseils de classe pour faire participer davantage les élèves et répondre à leur désir d’autonomie. C’est toute l’organisation de l’établissement, la répartition du temps et de l’espace, le partage des responsabilités qui demanderaient à être modifiés pour que, progressivement, les élèves cessent d’être des usagers passifs – et vindicatifs – et deviennent des partenaires et des acteurs.

(d’après Frédéric Gaussen, Le Monde-Dimanche)

Voir toutes les lectures didactiques.

Magasinez dans la Boutique du Pro-F
Encore!

samedi, juillet 05, 2008

Dans chaque Français, il y a deux Français

On dit que « dans chaque Français, il y a deux Français » : celui qui ne veut pas d’histoires et celui qui a de grandes idées ». D’où ce trait éminemment hexagonal qui agace – surtout les Anglais – ou séduit ses voisins : notre concitoyen est avant tout paradoxal. Etymologiquement : il se comporte contre toute attente. L’affuble-t-on du béret basque qu’il revendique le bonnet phrygien. Mais l’imagine-t-on en sans-culotte qu’il se voit, lui, forcément en haute couture.

La crise n’a fait qu’augmenter cette spécificité national : plus le Français a peur de l’avenir, plus il se penche sur son passé. Ainsi, il est capable de s’exalter sur l’excellence de la grande cuisine du terroir et d’aller s’envoyer un Mc Do’ sur le pouce. Pleurer la disparition du quincailler du coin de sa rue où il ne mettait pourtant plus les pieds depuis belle lurette, parce que les grands magasins, c’est tellement plus pratique et moins cher... Se croire directement issu de Descartes, champion toutes catégories en rationalité, et se précipiter chez la première voyante venue : la France bat des records en matière. Passer des heures devant la télé, à regarder les émissions les plus débiles, faire plonger l’audimat dès d’une émission « intelligente » pointe le nez et vociférer ensuite, comme 68% des Français, que la télé le prend pour un abruti. Etouffer sous l’air pollué et se sentir offensé dès qu’on lui suggère de ne pas prendre sa voiture. Tout attendre de l’Etat et ne lui accorder aucune confiance comme 75% de nos concitoyens, etc.

(d’après Florence Assouline, L’événement de jeudi, 1996)

Voir toutes les lectures didactiques.

Magasinez dans la Boutique du Pro-F
Encore!

Les pays de l’Ouest

Vieille terre celtique, ces pays sont baignés par la Manche et l’Océan Atlantique, de l’estuaire de la Seine à celui de la Garonne. Il s’agit de la Haute-Normandie (capitale : Rouen), de la Basse-Normandie (capitale : Caen) de la Bretagne dont la capitale est Rennes ; des Pays de la Loire groupés autour de Nantes et de la région Poitou-Charentes, avec Poitiers pour capitale.

L’image de ces pays est fortement liée à la présence de l’océan et aux grands ports qui ont joué un rôle important dans l’histoire, notamment Le Havre. Les côtes normandes et bretonnes sont propices au tourisme et aux activités nautiques. Il y pleut beaucoup, c’est vrai, mais ce désagrément est largement compensé par une nature encore sauvage.

L’arrière pays offre des paysages contrastés : en Normandie, une campagne paisible, avec des prairies verdoyantes et des pommiers. En Bretagne, des forêts et des landes presque sans relief. De la Loire à la Gironde, un paysage de basses collines et de bocage, avec des rivières paresseuses.

Dans toute la région, les villes pittoresques ne manquent pas : Dieppe et Deauville – stations balnéaires normandes – Brest en Bretagne, les premier port militaire de France, Saint-Nazaire, pour sur l’estuaire de la Loire, Royan, La Rochelle...

La vie à l’Ouest tourne, en grande partie, autour de l’océan : fêtes de la mer, des marins, des mouettes, concours de pêche en mer. La gastronomie dépend elle aussi de la présence de l’Océan : poissons et crustacés sont sur toutes les tables. Mais il faut y ajouter le beurre salé et les crêpes de Bretagne, la cuisine à la crème de Normandie.

L’Ouest est le pays des mégalithes (grosses pierres) qui remontent très loin dans le passé : menhirs (de grosses pierres dressées verticalement), cromlechs (des cercles de menhirs), dolmens (tables de pierre). Il est riche aussi en châteaux forts et en villes fortifiées, en églises romanes et cathédrales gothiques, en édifices de la Renaissance. L’époque contemporaine est surtout marquée par d’audacieux ouvrages d’art (les ponts de Tancarville, de Normandie, de l’île de Ré).

Le Mont Saint-Michel est le site le plus impressionnant de l’Ouest : la plus belle des abbayes françaises sur son île rocheuse, l’un des monuments les plus visités de France.

Mais ce qui distingue le plus l’Ouest et la langue bretonne, langue celtique, cousine de l’irlandais et de l’écossais. On retrouve les mots bretons usuels dans les noms de lieux ou de personnes.

L’Ouest a fourni à la littérature de grands écrivains : Corneille, Flaubert, Chateaubriand, Renan, Jules Verne.

(d’après R. Bourgeois, S. Eurin, La France des régions)

Voir toutes les lectures didactiques.

Magasinez dans la Boutique du Pro-F
Encore!

Nouvelles traditions

Tapis rouge pour toutes les musiques : classique, rock, jazz, musiques du monde, tous les styles musicaux français et étrangers sont à la fête pour célébrer le début de l’été. En 1982, quand le ministre de la culture Jack Lang lance cette manifestation populaire, elle est franco-française. Mais deux ans plus tard, elle devient contagieuse. Plusieurs pays d’Europe créent leur propre fête de la musique. Puis le phénomène s’effiloche et cette année le comité d’organisation français a voulu donner à ce 21 juin une tonalité européenne.

On s’est dit que c’était vraiment dommage, à une période où tout le monde souhaite voir émerger l’Europe de la culture, que la fête de la musique ne soit pas l’occasion de créer des échanges et de faire découvrir aussi ce qui se passe dans les autres pays autour de nous et que les gens découvrent aussi ce qu’on fait ici, en France. Et donc, on a pris notre bâton de pèlerin et on est retourné voir la ville de Berlin, la ville de Rome, la Hongrie, Barcelone et on a aujourd’hui une sorte de réseau et c’est l’occasion à la fois d’envoyer des artistes français dans ces villes-là.

C’est l’occasion aussi pour nous d’accueillir à Paris mais aussi dans d’autres villes en France des artistes hongrois, italiens, espagnols ou catalans qui sont aujourd’hui l’Europe de la musique.

Découvrir, telle pourrait être la dévise de cette fette de la musique. C’est ainsi que kent a représenté la France à Berlin, que le violoniste Didier Lockwood a fait vibrer les cœurs des Roumains de Iasi et qu’on a pu « zouquer » jusqu’à Bucarest avec l’Antillais Dédé Saint Prix. Car c’est surtout cela la fête de la musique : la musique pour tous les publics, dans la rue avec les musiciens d’un jour et de toujours, tout heureux de faire tomber les frontières.

Voir toutes les lectures didactiques.

Magasinez dans la Boutique du Pro-F
Encore!

De Noël à Pâques

Les coutumes, les traditions et la gaieté françaises ne sont pas mortes, bien au contraire ! Les traditions et manifestations laïques (civiles) ou religieuses sont extrêmement variées en France, avec un caractère propre à chaque région. Baptêmes, premières communions, fiançailles et mariages rythment encore la vie des familles. Les fêtes folkloriques, historiques et religieuses se succèdent tout au long de l’année, surtout dans les campagnes qui restent les plus fidèles à perpétuer les traditions.

Noël est célébré par la plupart des Français qui vont à la messe de minuit et ornent leur maison d’un sapin et d’une crèche. Selon la tradition de Noël, celle-ci symbolise la crèche où Jésus a été placé à sa naissance dans l’étable de Bethléem. C’est la fête de la commémoration de la naissance du Christ. Ces crèches sont exposées dans les églises, de Noël à l’Epiphanie. Le père Noël, en houppelande rouge, est attendu par tous les enfants qui mettent leurs souliers dans la cheminée. C’est un personnage imaginaire qui est censé descendre par la cheminée au cours de la nuit de Noël pour déposer des cadeaux dans les souliers des enfants. On se chante « des noëls », c’est-à-dire des cantiques, ou on donne « des noëls » - des présents qu’on distribue à l’occasion de Noël. Quelques villages, surtout en Provence, organisent, dans la plus pure tradition, des cortèges de bergers qui se rendent à l’église autour d’une crèche vivante, ornée de « santons ». On prépare aussi un bon repas où l’on sert les plats traditionnels : la dinde aux marrons et la bûche de Noël – un délicieux gâteau en forme de bûche. La coutume est de faire ce repas au milieu de la nuit, comme le Jour de l’An. Ce repas s’appelle « le réveillon ».

Au moment de Pâques se déroulent les processions solennelles, surtout dans le Sud du pays, en Roussillon et en Corse, pleines de faste. Correspondant à l’arrivée du printemps, la fête de Pâques est l’occasion pour les enfants de ramasser dans les jardins de petits œufs en chocolat ; les cloches des églises sonnent à toute volée, et on dit que ce sont elles qui rapportent de Rome les œufs de Pâques. Il y a un grand repas de famille – on y sert traditionnellement du rôti d’agneau, « l’agneau pascal ». Et on n’oublie pas le grand coq en chocolat qui doit trôner sur la table !

Voir toutes les lectures didactiques.

Magasinez dans la Boutique du Pro-F
Encore!

jeudi, juillet 03, 2008

Le Sud-Ouest

Le Sud-Ouest correspond à deux régions: l’Aquitaine (capitale: Bordeaux) et Midi-Pyrénées (capitale: Toulouse), autour de la vallée de la Garonne. C’est un pays où il fait bon vivre, dans un climat doux, où des campagnes riches donnent en abondance des produits de la gastronomie, du foie gras des Landes aux grands vins de Bordeaux. Mais il faut penser aussi au rugby, au béret basque et aux usines aéronautiques où se construit Airbus.

La chaîne des Pyrénées forme la frontière avec l’Espagne. Plus basses que les Alpes, ces montagnes offrent pourtant des paysages pittoresques et abritent des stations thermales.

Le Pays Basque est lié aux provinces basques espagnoles par une langue et une culture communes. C’est un pays de montagnes moyennes et de collines. Sur la côte, les stations balnéaires se succèdent au sud de Bayonne.

De la côte basque jusqu’à l’estuaire de la Gironde, le paysage caractéristique est celui des dunes de sable et des vastes forêts de pins. L’économie de la région est dominée par l’agriculture et la sylviculture.

Bordeaux et Toulouse sont des villes de commerce et d’industrie, mais aussi de grandes villes universitaires. La vallée de la Dordogne forme une des régions touristiques les plus riches de France, avec ses grottes préhistoriques, ses châteaux, ses villes et ses villages pittoresques.

Les grands écrivains du Sud-Ouest sont Montaigne, Montesquieu, François Mauriac – le romancier qui a le mieux célébré les landes et la région de Bordeaux.

Au peintre Henri de Toulouse-Lautrec, la ville d’Albi a consacré un superbe musée, ce qu’a également fait Montauban pour l’un des plus grands peintres du XIXe siècle, Ingres.

Rappelons enfin que dans tout le Sud-Ouest on entend encore parler l’occitan (la langue d’oc) et que le basque est une langue à part, aux origines mystérieuses... la diversité linguistique est une des richesses de cette région.

(d’après R. Bourgeois, S. Eurin, La France des régions)

Voir toutes les lectures didactiques.

Magasinez dans la Boutique du Pro-F
Encore!

mardi, juillet 01, 2008

Monsieur Tout-le-monde

Georges Simenon a marqué son époque, laissant des traces indélébiles dans le champs culturel francophone. On a tous attrapé un vieux Maigret écorné qui traînait sur un canapé dans la maison ou lu « Lettre à mon juge » dans le coin d’un compartiment d’un train ou dévoré un soir, au fond du lit, « Le chien jaune » ou « L’homme du banc » ou « Maigret se trompe ».

Maigret, « monsieur Tout-le-monde », a fasciné tout le monde. Pourquoi? Parce qu’il ressemble à tout Français. Il est râleur, bourru comme un patron de bistrot, il se méfie des riches, des supérieurs, des juges et des grands de ce monde. Sans cesse. Il répète: « Je ne crois rien. »

Une partie de son charme, c’est qu’il considère les êtres avec justesse et pertinence. Ce qui étonne encore bien davantage, c’est qu’il se promène. Il flâne dans les vies. Il peut marcher dans Manhattan ou à Meung-sur-Loire, dans un hôpital ou en plein soleil, il comprend, il devine. Avec son calme apparent, sa tranquillité imperturbable, il réconforte.

Au fond, comment est né ce Maigret-là qui nous fascine, aussi bien sous les traits de Gabin que de Bruno Crémer? Tout simple. Il vient d’un tout petit journaliste de la Gazette de Liège. Si l’homme Simenon est né au 1903, l’écrivain Simenon est né en 1931 en publiant sous ce nom, cette année-là, onze livres, dont dix Maigret. Trois de ces Maigret obtiennent, le même mois, un contrat d’adaptation au cinéma. De ce mistère, de ce miracle est né le mythe d’une association idyllique entre Simenon et le cinéma. Pour lui, le cinéma n’est que pour mettre ses histoires en images: « Le voyageur de la Toussaint », « L’homme de Londres », « Les inconnus de la maison ». Petit à petit, Simenon conquiert aussi le petit écran. Et Simenon peut enfin manifester sa pérennité. La série des « Enquêtes du commisaire Maigret » continue de nous plaire.

Il a donc fallu un Belge né à Liège, un vendredi 13 (sa mère superstitieuse a triché et déclaré qu’il était né le 12...) pour mettre au monde ce parfait Français!

(d’après Jacques-Pierre Amelte, Le Point, 2003)

Voir toutes les lectures didactiques.

Magasinez dans la Boutique du Pro-F
Encore!

lundi, juin 23, 2008

La France méditerranéenne

Les pays du Sud de la France, (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon, l’île de la Corse) sont pour beaucoup le symbole d’une vie au soleil, des vacances, de la mer. Les gens du Nord en rêvent comme d’un paradis, et tous les étés, les routes qui y conduisent sont archi-combles.

Le mythe d’un Midi voué aux vacances n’est cependant plus tout à fait vrai: les pays de la Méditerranée attirent aussi une population active et dynamique. Le meilleur exemple en est sans doute le complexe scientifique de Sophia-Antipolis, sur la Côte d’Azur.

Ces régions ont été peuplées très tôt grâce à leur climat favorable. Le littoral a été colonisé par les Grecs, puis par les Romains. Au Moyen Age, la Provence a été le centre d’une civilisation originale et brillante...

Le Midi est un pays de contrastes: les Hautes-Alpes gardent leurs glaciers même en plein été; entre leurs sommets et la vallée du Rhône, la Haute-Provence est formée d’une succession de plateaux où l’on cultive l’olivier, la lavande. La vallée du Rhône relie le Nord au Sud; c’est une région riche et animée où dominent les cultures maraîchères, les vergers et la vigne. Dans le delta de ce grande fleuve on cultive le riz. Puis sur la Côte d’Azur, de Menton à Nice et à Cannes, c’est le royaume des vacanciers. Le tourisme est la principale activité.

La côte de Languedoc-Roussillon est un littoral généralement plat, moins pittoresque. Mais en arrière de la Corse se succèdent des villes au caractère bien marqué: Nîmes, Montpellier, Narbonne.

La Corse, « l’île de la beauté », offre les plus fascinants paysages de la Méditerranée. Elle a une place à part en France par son identité culturelle et linguistique. C’est un pays agricole et surtout touristique, dont les villes plus importantes sont Ajaccio et Bastia.

Le Midi est le pays des fêtes (le carnaval de Nice), des festivals (théâtre à Avignon, opéra à Aix), des marchés pittoresques et colorés. L’art de vivre s’y retrouve aussi dans la gastronomie: les plats sont parfumés aux herbes de Province, l’huile d’olive et le vin sont partout présents.

La France de la Méditerranée est riche en monuments anciens (tel le fameux Pont du Gard, aqueduc romain). Au Moyen Age, ce sont les châteaux forts et les cités fortifiées (Carcassonne) qui mettent leur marque sur le paysage. L’architecture moderne est présente à Marseille (Cité Le Corbusier), à Montpellier.

Nombreux sont les écrivains et les peintres dont le nom est attaché au Midi: Zola, Mérimée, Valéry, Marcel Pagnol, Renoir, Picasso et Matisse. Sans oublier les chansonniers comme Gilbert Bécaud ou Tino Rossi!

(d’après R. Bourgeois, S. Eurin, La France des régions)

Voir toutes les lectures didactiques.

Magasinez dans la Boutique du Pro-F
Encore!

L’ennui lycéen

A-t-on déjà réfléchi à ce qu’est une classe? C’est la rencontre fortuite [1] et pourtant obligée de trente adolescents qui doivent, ce vendredi matin, et pour cinquante-cinq minutes, s’intéresser à la géographie du Brésil. Une heure plus tard nos trente chérubins s’enthousiasment pour la poésie de Baudelaire. Ensuite pour la physiologie de la digestion. En face, un homme ou une femme. Un adulte, en tout cas. Seul. Un professeur qu’une suite de hasards a fini par jeter derrière un bureau: celui-là, justement.

Voici que se croisent trente et une personnalités indépendantes. Personne n’a vraiment choisi personne. Personne n’a rien décidé. Sauf le grand appareil bureaucratique qui a tout prévu, pour le bien de tous.

Essayez – je parle ici à des adultes – de fixer six fois de suite votre attention, à raison de cinquante-cinq minutes chaque fois, sur six sujets radicalement différents, sans aucun lien logique. Entre-temps, faites quelques exercices d’assouplissement et nourrissez-vous de bœuf aux carottes. Mastiquez bien. A la fin de la journée, revenez un quart d’heure sur chacun des sujets abordés. Mémorisez. Considérez enfin avec objectivité le résultat mental obtenu...

Certes, rien de bien nouveau là-dedans. On s’est toujours ennuyé à l’école. Mais cet ennui est aujourd’hui mal supporté. Naguère encore, les enfants et les adolescents, surtout s’ils habitaient la campagne, s’ennuyaient ferme. Pas de télévision, ni de spectacle, ni de vélomoteur. L’absence de distraction était la règle. Sur un fond de grisaille, l’école ou le collège introduisaient la nouveauté. Quelques images projetées au mur faisaient événement pour la semaine entière. Aujourd’hui, c’est l’inverse. On ne peut exiger de chaque professeur d’histoire qu’il raconte comme Alain Décaux [2] ni du prof de gym qu’il saute à la perche comme Abada [3]...

Et puis, longtemps, l’ennui lycéen a été un privilège bourgeois, la promesse d’un avenir brillant. La démocratisation de l’enseignement secondaire – avec son corrélat, la dévalorisation des diplômes – a rendu les tares du système insupportables. A quoi bon un diplôme s’il n’ouvre comme porte que celle de l’A.N.E.P. [4] la plus proche? Même s’ils ne sont que 10% à être voués au chômage, ils sont 90% à la redouter.

(d’après Jacques Julliard, dans Le Nouvel Observateur, 24/30 mars 1980)

Notes:

[1] accidentelle, due au hasard;

[2] historien français, membre de l’Académie française;

[3] sauteur à la perche;

[4] Agence Nationale Pour l’Emploi.

Voir toutes les lectures didactiques.

Magasinez dans la Boutique du Pro-F
Encore!