jeudi, mars 15, 2007

Molière, L’amour médecin, (notes de lecture)

Personnages

Sganarelle, père de Lucinde
Aminte
Lucrèce
M. Guillaume, vendeur de tapisseries
M. Josse, orfèvre
Lucinde, fille de Sganarelle
Lisette, suivante de Lucinde
M. Tomès, médecin
M. Des Fonandrès, médecin
M. Macroton, médecin
M. Bahys, médecin
M. Filerin, médecin
Clitandre, amant de Lucinde
Un notaire
L’opérateur, Orviétan
Plusieurs trivelins et scaramouches
La comédie
La musique
Le ballet

La scène est à Paris, dans une salle de la maison de Sganarelle

Acte premier
Scène I. Sganarelle, Aminte, Lucrèce, M. Guillaume, M. Josse


Lucinde, la fille de Sganarelle, est d’humeur mélancolique. Son père veut la guérir. M. Josse (l’orfèvre), lui conseille « une belle garniture de diamants, ou de rubis, ou d’émeraudes ». M. Guillaume (le vendeur de tapisseries) - « une belle tenture de tapisserie de verdure, ou à personnages ». Aminte (la voisine) – le mariage. Lucrèce (la nièce) – le couvent.

Sganarelle rejette tous ces conseils « un peu intéressés ».

Scène II. Lucinde, Sganarelle

Sganarelle rencontre Lucinde et veut apprendre la cause de la mélancolie de sa fille.

Scène III. Lisette, Sganarelle, Lucinde

Lisette réussit à découvrir le motif de cette tristesse avec la question: « N’auriez-vous point quelque secrète inclination, avec qui vous souhaiteriez que votre père vous mariât? » Sganarelle fait mine de ne pas comprendre.

Scène IV. Lisette, Lucinde

Conclusion de Lisette: « [...] il n’y a point de pires sourds que ceux qui ne veulent point entendre. »

Lucinde avoue à sa suivante son amour pour un jeune homme. Lisette se charge du soin des intérêts de Lucinde.

Scène V. Sganarelle

Sganarelle se déclare dans un monologue contre l’idée du mariage de sa fille: « Il est bon quelquefois de ne point faire semblant d’entendre les choses qu’on n’entend que trop bien; et j’ai fait sagement de parer la déclaration d’un désir que je ne suis pas résolu de contenter. A-t-on jamais rien vu de plus tyrannique que cette coutume où l’on veut assujettir les pères? rien de plus impertinent et de plus ridicule que d’amasser du bien avec de grands travaux, et élever une fille avec beaucoup de soin et de tendresse, pour se dépouiller de l’un et de l’autre entre les mains d’un homme qui ne nous touche de rien? Non, non: je me moque de cet usage, et je veux garder mon bien et ma fille pour moi. »

Scène VI. Lisette, Sganarelle

Lisette dit à Sganarelle que sa fille est tombée gravement malade à cause du refus de son père. Sganarelle appelle des médecins.

Acte II
Scène I. Sganarelle, Lisette

Lisette dit: « [...] j’ai connu un homme qui prouvait par bonnes raisons, qu’il ne faut ajmais dire: “Une telle personne est morte d’une fièvre et d’une fluxion sur la poitrine”; mais “Elle est morte de quatre médecins et de deux apothicaires”. »

Toujours Lisette, qui apparaîment déteste fort les médecins: « Prenez garde, vous allez être bien édifié: ils vous diront en latin que votre fille est malade. »

Scène II. Messieurs Tomès, Des Fonandrès, Macroton et Bahys, médecins, Sganarelle, Lisette

Lisette dit avoir vu Monsieur Tomès chez la bonne amie de Madame Lucrèce. Le cocher de celle-ci, traité par M. Tomès, en est mort.

Scène III. Messieurs des Fonandrès, Tomès, Macroton et Bahys

Petite discussion entre « professionnels ». Ils sont tous d’accord sur une opinion: « Un homme mort n’est qu’un homme mort, et ne fait point de conséquence; mais une formalité négligée porte un notable préjudice à tout le corps des médecins. »

Scène IV. Sganarelle, Messieurs Tomès, Des Fonandrès, Macroton et Bahys

Après la demande du père, M. Tomès diagnostique une « chaleur du sang » et propose de saigner Lucinde. M. Fonandrès diagnostique une « pourrituer d’humeurs, causée par une trop grande réplétion » et propose de l’émétique. Conflit.

Scène V. Sganarelle, Messieurs Macroton et Bahys, médecins

M. Macroton parle en allongeant les mots. M. Bahys bredouille. Selon M. Macroton, Lucinde a les symptomes « d’une vapeur fuligineuse et mordicante qui lui picote les membranes du cerveau ». La cause de ces symptomes serait « des humeurs putrides tenaces et conglutineuses qui sont contenues dans le bas-ventre ». Selon M. Bahys, « ces humeurs ont été là engendrées par une longue succession de temps, elles s’y sont recuites et ont acquis cette malignité qui fume vers la région du cerveau ». M. Macroton recommande: petits lavements rémollients et détersifs, julets et sirops rafraîchissants. M. Bahys voudrait continuer avec la purgation et si besoin la saignée.

M. Bahys: « Il vaut mieux mourir selon les règles, que de réchapper contre les règles. »

Scène VI. Sganarelle

Sganarelle décide d’acheter de l’orviétan: « l’orviétan est un remède dont beaucoup de gens se sont bien trouvés ».

Scène VII. L’opérateur, Sganarelle

Sganarelle achète sa boîte d’orviétan.

Acte III
Scène I. Messieurs Filerin, Tomès et Des Fonandrès


M. Filerin se déclare contre les querelles entre les médecins, et condamne les désaccords publics de ses confrères. Il dévoile aussi l’essence de la médecine: « Nous ne sommes pas les seuls, comme vous savez, qui tâchons à nous prévaloir de la faiblesse humaine. C’est là que va l’étude de la plupart du monde, et chacun s’efforce de prendre les hommes par leur faible, pour en tirer quelque profit. Les flatteurs, par exemple, cherchent à profiter de l’amour que les hommes ont pour les louanges, en leur donnant tout le vain encens qu’ils souhaitent; et c’est un art où l’on fait, comme on voit, des fortunes considérables. Les alchimistes tâchent à profiter de la passion qu’on a pour les richesses, en promettant des montagnes d’or à ceux qui les écoutent; et les diseurs d’horoscope, par leurs prédictions trompeuses, profitent de la vanité et de l’ambition des crédules esprits. Mais le plus grand faible des hommes, c’est l’amour qu’ils ont pour la vie; et nous en profitons, nous autres par notre pompeux galimatias, et savons prendre nos avantages de cette vénération que la peur de mourir leur donne pour notre métier. »

Les médecins négocient la paix: « Qu’il me passe mon émétique pour la malade dont il s’agit, et je lui passerai tout ce qu’il voudra pour le premier malade dont il sera question. »

Scène II. Messieurs Tomès, Des Fonandrès, Lisette

Lisette raille la médecine: « Messieurs, vous voilà, et vous ne sontez pas a réparer le tort qu’on vient de faire à la médecine? [...] Un insolent qui a eu l’effronterie d’entreprendre sur votre métier, et qui, sans votre ordonnance, vient de tuer un homme d’un grand coup d’épée au travers du corps. »

Scène III. Lisette, Clitandre, en habit de médecin

Lisette avait mis au point avec Clitandre un stratagème afin que celui-ci passé pour un médecin.

Scène IV. Sganarelle, Lisette

Lisette annonce à son maître l’arrivée d’un nouveau médecin « qui fait des cures merveilleuses, et qui se moque des autres médecins ».

Scène V. Clitandre, en habit de médecin, Sganarelle, Lisette

Clitandre affirme qu’il guérit « par des paroles, par des sons, par des letters, par des talismans, et par des anneaux constellés ».

Scène VI. Lucinde, Lisette, Sganarelle, Clitandre

Clitandre avoue son amour à Lucinde. Elle lui répond de meme.

Clitandre dit à Sganarelle que la malade souffre au niveau de l’esprit, « que tout son mal ne venait que d’une imagination déréglée, d’un désir deprave de vouloir être mariée ». Il propose d’entretenir cette illusion pendant quelques jours, avant de faire agir d’autres remèdes pour la guérir entièrement. Sganarelle est d’accord.

Scène VII. Le Notaire, Clitandre, Sganarelle, Lucinde, Lisette

Le contrat de marriage est signé.

Scène dernière. La Comédie, le Ballet, et la Musique

Sganarelle comprend finalement qu’il a été trompé.