dimanche, juillet 13, 2008

Apprendre la mode

L’expression école de mode paraît claire, mais englobe pourtant différents styles d’enseignement. La formation « de mode » a en effet la particularité de mêler création et technique, deux pôles qui ne sont pas indissociables. La base de la technique doit bien sûr être acquise, mais il n’est pas nécessaire d’être un couturier émérite pour faire une belle carrière dans la mode. Comme il n’est pas indispensable de savoir dessiner pour coudre parfaitement...

La plupart des cursus proposent des formations de stylisme et de modélisme (en privilégiant plus ou moins l’un ou l’autre domaine). Le stylisme est la création du vêtement et de l’accessoire et le modélisme la traduction fidèle des deux dimensions du dessin aux trois dimensions du prototype.

Plusieurs connaissances sont alors nécessaires, du patronage à la coupe et à la couture. Si la première formation attire beaucoup de jeunes par son côté artistique et le rêve qu’il procure (mettre son nom sur une étiquette...), peu sont très charmés par la dimension technique de la deuxième. En effet, le côté glamour des défilés entrevus à la télé cache largement la réalité du métier qui demande talent, passion, persévérance et nécessite un amour du travail bien fait, une patience et un sens du détail sans cesse en éveil. Comme tant d’autres disciplines dites manuelles, les métiers de la couture n’ont pas énormément de succès.

Un diplôme a plus de valeur pour ce qu’on a appris de la personnalité qui l’accompagne, qu’en tant que garantie d’emploi. Même s’il sert, dans certains cas, de sésame pour entrer dans les grandes maisons. Si vous avez envie de vous lancer dans l’aventure, vous pourrez aussi bien ouvrir une boutique dans votre quartier et développer une clientèle sur mesure que vous lancer à l’assaut des maisons de couture étrangères, ou encore vous faire engager dans une société commerciale, créer votre label et le vendre aux quatre coins du monde. Comme coudre des vêtements de poupée pour les petites filles...

Etre créateur de mode, c’est un peu comme être musicien: quand on connaît la musique, on peut aussi bien jouer le samedi soir à la maison, dans une fanfare de village que dans un orchestre symphonique, graver son album à la maison ou signer avec une grande maison de disque, préférer les Francofolies au Palais des Beaux-Arts ou partir tenter l’aventure à Paris ou à New-York...

(d’après Véronique Heene, « Apprendre la mode », Wallonie/Bruxelles no 87, septembre 2004)

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